Amadrielle

Amadrielle


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Je suis Amadrielle de Lylne. Vous ne me connaissez pas? Je m'en doutais. Ce n'est pas très grave, cette histoire est tout à propos de moi!
Je vis à une époque qui vous est totalement inconnue que vous soyez jeunes vieux ou historiens. Je vis dans le présent. Pour moi, vivre est un art au même titre que la musique, la peinture ou la poésie. Quelqu'un qui vit réellement, qui vit pleinement et comme il l'entend ne peut être qu'artiste de nos jours. Un original, un marginal, un incompris. Bien que musicienne ou poète à mes heures, mon grand talent réside donc dans la vie.
Avant de vous laisser le loisir d'en faire vous-même la remarque, je l'affirme et vous le confirme, je suis folle. Fait que j'exprime sans honte ni fierté puisque de nos jours, plus personne ne cherche à connaître véritablement ce qu'est la santé mentale; quelques personnalités en trop et vous êtes fou, aucune personnalité propre : vous êtes sain! La normalité étant ce qui reste dans les normes adoptées par cette majorité de population ''saine'', je préfère donc être une folle qu'être jugée normale.
Qu'est-ce qui me permet de parler du présent aussi sévèrement? Eh bien le simple fait que j'y appartiens, j'imagine.

Ce récit n'a pas pour seul but de vous faire connaître mon histoire. J'ai décidé de tenter de vous faire voir le monde tel que je le vois. J'aimerais arriver à vous enseigner ma réalité à travers mes propres yeux et mon esprit.
Ce livre, ce conte n'existe pas. Il relate les péripéties d'une jeune fille à travers les sombres et belles contrées de son esprit. Pourtant, il est impossible de vivre l'irréel dans le monde réel sans plonger ce dernier dans l'irréalité, non?
Ce que j'essaie de vous faire comprendre, c'est que vous vous apprêtez à lire mon histoire possiblement irréelle, mais que vous avez bel et bien, tangiblement et matériellement entre les mains, mon récit. Alors pourquoi ne pas y croire?

D'accord, je cesse mon raisonnement. Si je souhaite être lue – et je le désir ardemment – je dois évidemment m'assurer de ne pas perdre mes lecteurs dans mes pensées d'une cohérence assez discutable!
Pénétrez donc dans mon monde par la grande porte et laissez vos préjugés à l'extérieur. Ouvrez votre esprit et votre imagination en même temps que ce livre et soyez mon histoire. Croyez en moi comme vous croyez en vous-mêmes et laissez place à la magie de mots. Trouvez votre personnage en mes rêves et possédez-le...

À cet instant, une question s'impose à votre esprit, si elle ne vous brûlait pas l'inconscient depuis les premières lignes de mon récit : À quoi je ressemble?
Je n'en ai aucune idée. Je ne me vois que par mes propres yeux et n'en demande jamais davantage. Je me décrirai donc telle que je me vois, personnellement.
Vert électriques, mes yeux sont plutôt grands, ce qui les rend très expressifs. Bordés d'une multitude de longs cils fins et exagérément maquillés, ils semblent plus étirés qu'ils ne le sont réellement grâce à une épaisse couche de mascara concentrée surtout sur les extrémités extérieures de mes yeux. J'ai un nez tout simple bien qu'il soit parcellé de pâles taches de rousseur, héritage de mes ancêtres maternels irlandais. Mes lèvres sont justes assez pulpeuses, d'une couleur rose fanée qui me plait terriblement. Le tout encadré d'une farandole de boucles lâches et indisciplinées confère à mon visage un air serin et un peu lunatique à la fois, en plus de former un tout assez joli, sans prétention. Ma silhouette élancée, drapée pour le moment d'une tunique noire lacée à l'avant et d'une jupe légère de la même couleur sur une paire de bas résille, convient par sa sveltesse à tout genre de vêtements. Un rubis ovale monté sur une plaque d'argent vieilli magnifiquement travaillée pend à mon cou et des boucles d'oreilles assorties choisies ce matin parmi mon impressionnante mais incomplète collection de bijoux, ornent mes oreilles. J'arbore également à l'arcade droite une délicate boucle argentée qui contraste à merveille avec mes sourcils sombres et mon teint d'hiver.


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# Enviado el viernes 05 de septiembre de 2008 20:19

Modificado el lunes 08 de septiembre de 2008 20:17

*1*


C'est dans mon lit, - merveilleuse antiquité de style 17e siècle, superbe lit à baldaquin finement ornementé par le plus perfectionniste des maîtres sculpteurs de roses aux pétales aussi fins et aussi légers, semble-t-il, que le plus prétentieux des voiles de soie et allongé de tiges acérés divinement enchevêtrées dans d'exquises torsades de fleurs et d'épines - au beau milieu de ce chef-d'½uvre drapé de satin noir, dans une chambre des plus sublimes aux teintes de braise, que mon histoire débute.
Je m'éveil, entourée de toute cette merveille de décoration, avec la tête un peu lourde. J'ai fait un rêve cette nuit. Un rêve plutôt étrange, d'ailleurs. Vous savez, ces rêves qui sont si envoûtants qu'au réveil, on ne veut plus les quitter parce qu'on ne sait plus trop lequel des mondes est la réalité? C'est d'un rêve de ce genre dont je m'éveille. Un homme y est venu à moi.

Grand, beau, fort, il avait tout pour plaire. Il m'a invité à le rejoindre. Où? me demanderez-vous. Je n'en sais rien, mais je le ferai. Cet être à la peau de marbre blanc et aux yeux en amande exquis, cerclés d'épais cils recourbés d'un noir aussi profond que ses iris, tout aussi impressionnants que sa longue crinière de jais bouclée et apparemment indomptable, sa mâchoire sculptée par le malin en personne et ses lèvre pulpeuses du rose le plus délicieux. Tout en lui indiquait que nous devions nous rencontrer. Ses larges épaules, ses bras juste assez musclés dans lesquels mon corps semblait sculpté naturellement et son torse de rêve paraissaient perfection incarnée.
Cette nuit, nous étions seuls au monde. Libres comme le vent qui caresse la cime du plus haut des arbres. Les nuits de l'éternité nous appartenaient; à moi, cruelle princesse, déesse de son royaume, fée, nymphe ou archange et à lui, ange démoniaque, prince du sang, elfe, roi sorcier ou vampire. Ce fut un rêve bercé d'une mélodie des plus silencieusement magnifique. Les seules paroles énoncées resteront gravées en moi à jamais. Deux mots prononcés par sa voix suave et chaleureuse, trois syllabes magiques : « Rejoins-moi.»


Une fois remise de mes émotions, une fois la distinction faite entre fantasme et réalité, j'enfile l'une de mes nombreuses jupes flottantes sur mes habituels bas carrelés et passe un chandail magnifiquement brodé de roses rouge sang et agrémenté de fine dentelle noire, couleur du reste de l'ensemble.

Sans même avoir croisé le moindre membre de ma famille, je suis maquillée, coiffée et prête à partir pour une palpitante journée dans cet enfer qu'est pour moi l'école.
Bourrage de crâne, retards non-motivés, devoirs non-faits, travaux en retard; voilà ce que représentent pour moi les établissements scolaires. Stress inutile, taxage, intimidation, rébellion, rejet, discrimination; c'est tout ce que je vois dans ces structures de béton qui devraient avoir pour aspiration de former les citoyens du futur présent. On y tente d'insérer le plus d'informations possible dans les cerveaux des élèves, mais personne ne se soucie de bien nous le faire assimiler. Si à l'examen, on réussit, tout va pour le mieux. Les écoles n'ont que leur propre intérêt à servir, comme tout organisation d'ailleurs de nos jours. On préfère mettre un élève en difficulté à la porte plutôt que de voir sa cote de classification diminué d'un degré. Pourquoi je continue de fréquenter l'école si je hais ce service à ce point? Simplement parce que c'est obligatoire. Dans notre société, on ne veut pas de gens trop jeunes, aussi brillants soient-ils, sur le marché du travail. Oh! Je ne prétends pas que l'éducation soit inutile, loin de moi cette envie! Je ne prétends aucunement à l'omniscience et je ne prétends pas même avoir raison. Simplement, selon-moi, les programmes scolaires devraient être modifiés.

À mon retour, ma mère m'attend à la maison, Pour quelle raison me fusille-t-elle du regard aujourd'hui? Je n'en sais rien...mais je sens qu'elle ne gardera pas ce secret pour elle seule très longtemps.
Tout en mangeant, je me surprends à repenser à ce bel être de mon rêve de la nuit dernière.



Nous dansons dans une somptueuse pièce au carrelage de marbre et aux colonnes d'ivoire. L'une des ces salles irréelles meublées avec un goût des plus raffinés. La musique me rappelle vaguement le son de...

« MADY! »
Voilà...mon beau rêve s'est envolé. Je suis de retour dans la salle à manger silencieuse et ma mère vient de trouver le sujet de notre querelle quotidienne. J'entends déjà résonner ses reproches à mes oreilles. Je la vois rougir et se crisper sur son trône. Je sais que bientôt, son beau sourire hypocrite se tordra en la plus vilaine grimace expressible par son visage chirurgié et remodelé un nombre incalculable de fois. Pourtant, au moment où tout ceci aurait dû se produire, je me sens bien.

Des tentures de velours et des colonnes d'ivoire ont remplacés les rideaux de dentelle jaunis et les électroménagers chromés de ma cuisine. J'ai été transportée. Une magnifique mélodie couvre toute parole, tout bruit, tout cris...tout. Nous dansons. C'est lui, c'est grâce à lui, j'en suis convaincue. Mon ange à moi, mon gardien ténébreux, mon amour...Alessian.
- « Alessian? »
Comment se fait-il que je connaisse son nom? Comment pourrait-il me l'avoir dit sans ouvrir la bouche. Était-ce dans un autre rêve? Comment aurais-je pu l'oublier dans ce cas? Peu importe...ce nom est si doux! Alessian. Je l'aime.

« Tu m'as comprise, Amadrielle? La réalité, ré-a-li-té!
- Oh! Euh...oui, oui, maman... »
Ouf! J'en avais oublié ma mère et ses sermons-minutes! Par quel miracle y ai-je échappé cette fois? De la magie? Je n'en sais rien, mais je sens que j'y prendrais goût assez rapidement! Je termine rapidement mon assiette en mastiquant le moins longtemps possible afin d'éviter de goûter trop longtemps les aliments aigris par un procédé dont ma mère est seule détentrice du secret.
Je bredouille quelques excuses à ma mère et descends passer le reste de la soirée dans mon sanctuaire à rêvasser. Alessian...
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# Enviado el viernes 05 de septiembre de 2008 20:29

Modificado el lunes 08 de septiembre de 2008 20:17

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# Enviado el viernes 05 de septiembre de 2008 20:31

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Encore un rêve! Vous imaginez le malheur qui put m'accabler à mon réveil? Alessian s'était envolé. Il m'avait abandonnée! Après cette nuit magique, il avait disparu.

La journée fut pénible. Chaque vision, chaque son me rappelait mon bel amour. Jusqu'au son de la liberté, à la fin des classes, et par la suite encore plus, je n'ai songé qu'à dormir. Dormir et rêver. Revoir Alessian le plus tôt possible. Ce soir, c'est la pleine lune. L'astre dans toute sa splendeur, son entière beauté imparfaite a toujours exercé sur moi une attraction surnaturelle. Quand la lune est à son apogée, je le suis également.
C'est à cet instant que je décidai de consigner mes rêves dans un joli recueil afin de toujours me souvenir de cette nuit. Toujours.


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# Enviado el viernes 05 de septiembre de 2008 20:38

Modificado el lunes 08 de septiembre de 2008 20:16

*2*

Nous sommes à l'extérieur. Une brise légère fait virevolter ses cheveux autour de lui et je me sens bien. Il est tout près de moi. Aucunes contraintes ne nous sont imposées. Nous sommes, point final. Il s'approche de sa démarche incroyable, presque féline et se pose tout près de mon c½ur. Sur ses lèvres diaboliquement angéliques se dessine le plus beau, le plus doux des sourires.
Encore un rêve muet, semble-t-il. Pourtant, nous nous comprenons. Je le comprends parfaitement, et il sait ce que j'attends.
Lorsque mes lèvres cueillirent cette fleur délicate que fut le baiser que nous échangeâmes, je crus, l'espace d'un battement de c½ur, mourir. Mon âme, mon c½ur, mon corps; toute entière, je lui appartiens désormais. Il me prit dans ses bras et, si je n'avais pas déjà été en train de dormir et rêver, je me serais laissé sombrer dans le plus doux des sommeils.

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# Enviado el viernes 05 de septiembre de 2008 21:06

Modificado el lunes 08 de septiembre de 2008 20:16